Evénements prochains et en cours au 19 Paul Fort

Une rencontre, une idée, un voyage… sont à l’origine des expositions-événements. Le 19 Paul Fort est une sorte de maison galerie où les artistes qui participent à une exposition, travaillent sur un thème commun, ou alors, c’est leur identité artistique qui permet de les associer. Les œuvres d’un photographe font écho à celles d’un céramiste, ou s’harmonisent avec les meubles, les luminaires présentés… Toutes les formes d’expression artistique trouvent leur place dans ce lieu.

Concert :

Koki Nakano – Vincent Segal
mercredi 24 janvier 2018 à 20h30

Vincent Ségal écrit :
Passer des heures à répéter la musique de Koki Nakano sans pouvoir échanger une conversation sérieuse est merveilleux. Pas de japonais, pas de français, pas d’anglais, pas de diplomatie, juste un territoire : l’Art de Koki Nakano. Le piano et le violoncelle sont des outils sommaires mais ils ont une mémoire, un ADN, une histoire et ces outils vénérables volumineux et peu pratiques à l’heure de la dématérialisation sont de merveilleux musiciens. Grâce à eux, sans échanger un mot, il y a des questions, de la sueur, de l’ardeur, du rire, de l’acrobatie, de l’agacement, la peur de mal faire, l’art de bien faire, de la plénitude.
Dans le minuscule studio des Buttes Chaumont, où Koki résidait, je pouvais avec mon archer toucher le piano droit, et de la main gauche faire chauffer de l’eau, mais en sortant, j ‘avais l’impression d’avoir été sur Mars, au bord d’un lac, dans un loft berlinois, avec des fées. La musique ne signifie rien, et pourtant, c’est une question de vie et de mort pour Koki Nakano.

Gaspar Claus écrit :
Au Japon, dans une immense ville tentaculaire, la plus peuplée du monde, il y a partout des petites ruelles. On a à peine quitté une grande artère qu’on se retrouve plongé dans un univers villageois, charmant, tranquille et joyeux.

Un jour, marchant dans une de ces ruelles j’ai vu passer un chariot chargé d’enfants qui se faisaient trimballer vers l’école par deux dames. Ces deux dames les tiraient, à pied, et les petits jetaient des regards à la fois sages et malicieux sur le monde qui défilait ainsi sous leurs yeux. C’était à Koenji, un de ces endroits au monde où je me suis toujours senti très heureux.

Les compositions de Koki Nakano m’ont immédiatement plongé dans le souvenir de ce moment, dans la ruelle de Koenji, avec les enfants qui passaient en chariot. Elles sont habitées de la joie de celui qui flâne et se laisse surprendre par les petites choses. Le piano de Koki sautille et danse sans direction précise, laisse tomber ses notes tout autour de lui, parfois s’arrête sur une couleur, se surprend lui-même à esquisser un pas inattendu, un nouveau rythme de marche qu’il répète avec curiosité tandis que le violoncelle de Vincent Segal promène ses archets comme celui qui sifflote en écho aux mille événements qui l’entourent, attentif à leur complexité tout autant qu’à la grande évidence de ce qui a simplement lieu.

Vincent Segal, violoncelliste
Depuis 20 ans de carrière, Vincent Segal expérimente dans tous les registres : classique, jazz, contemporain, rock et musiques africaines. Il a fondé avec Cyril Atef le célèbre duo Bumcello qui a obtenu une victoire de la musique en 2006. Vincent Segal a aussi joué dans la rue et à l’Opéra de Lyon, avec le chanteur M ou le chanteur pop folk Piers Faccini. Il a travaillé avec de nombreux autres artistes comme Sting, Elvis Costello, Sébastien Martel, Maggic Malik, Cesaria Evora… Récemment, son duo avec le Koriste Ballaké Sissoko a été nominé aux Victoires de la Musique.
Koki Nakano, pianiste
Jeune pianiste japonais de 28 ans, a composé des pièces étonnantes pour violoncelle et piano qu’il interprète avec Vincent Segal. Sa connaissance de la musique classique française et allemande, des répétitifs américains, du jazz et de la pop lui laisse toutefois la liberté de construire un monde musical personnel dont le CD « Lift » livre un aperçu enthousiasmant.

Réservations indispensables à: helenaziza@19paulfort.com
Participation: 15€

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Exposition :

« Autour du Japon VI, suite »

du jeudi 11 janvier au dimanche 28 janvier 2018
tous les jours de 16h à 21h

Lors de l’exposition de juin/juillet 2017, les textiles et céramiques étaient prédominants. Dans cette « suite », des vanneries, photographies, calligraphies, peintures, céramiques contemporaines sont présentés en même temps qu’une importante collection de Tansu japonais du XIXème et début XXème , paravents anciens, et estampes de l’ukyo-e.

Maria GESZLER, céramiste
« La création est comme un collier de perles: une idée est suivie d’une autre idée, une vision vient tôt ou tard dans l’existence, je vois un long chemin sans fin dans mon esprit. C’est un style de vie. Se tenir seul à l’atelier, écouter de la musique et avoir les pensées les plus profondes en soi-même. Dans ce contexte, le terme «Japon» ne désigne ni le pays, ni l’impact de la céramique japonaise, l’art textile ou la littérature, mais l’effort d’un standard sophistiqué. En utilisant cela, un artisan ou un artiste japonais façonne une forme, une idée non seulement au cours d’une vie, mais à travers les générations. J’ai été émue par cette recherche de la perfection, ce geste pour atteindre l’inaccessible – c’est le ciel étoilé, qui est au-dessus de moi ». Maria Geszler

Baba LIMOUSIN, artiste, restauratrice papiers japon
Restauratrice d’arts d’Extrême-Orient, Baba Limousin travaille sur les paravents japonais anciens en papier. Une école d’art, un travail chez un antiquaire, un apprentissage pour restaurer la laque chinoise et japonaise et la rencontre inattendue avec ces paravents datés du XVIIe à la fin du XIXe siècle. Baba Limousin réalise également des tableaux avec calligraphie et collages en récupérant des vieux papiers japonais et, tout en conservant les techniques ancestrales, elle crée des paravents modernes aux décors figuratifs.

Antoine POUPEL photographe
«Je suis préoccupé par l’étymologie même du terme photographie, il est bien question de peindre, de dessiner. Ainsi la notion d’auteur demeure centrale dans mon travail, si j’ai choisi le médium photographique, c’est pour déconstruire son caractère mécanique, réintroduire la part de l’artiste qui utilise la lumière comme une matière picturale. Les monotypes que je réalise subissent divers traitements qui les rendent uniques mais tout en renforçant leur spécificité photographique. J’agis avec la chimie comme un peintre avec sa palette, celle-ci est toujours le réceptacle (le révélateur) de la lumière avec laquelle je dessine.»

Takayuki Shimizu, vannerie (2017) 45×25,5cm

Takayuki SHIMIZU, vannier
C’est à l’extérieur du Japon que Shimizu a réalisé la beauté de l’artisanat du bambou, lors de voyages en Asie du Sud-Est, en Inde et au Népal. De retour au Japon, il a suivi une formation au Centre de soutien à l’artisanat et à la formation en bambou de la préfecture d’Oita et il a passé quatre ans sous la direction du maître de bambou, M. Jin Morigami, pour approfondir ses connaissances et compétences. Il est devenu indépendant en 2007 et il est maintenant basé à Tokyo et à Beppu (préfecture d’Oita). À la fois au niveau international et au Japon, il veut sensibiliser le public aux tendances traditionnelles et nouvelles de l’artisanat du bambou. Takayuki Shimizu est considéré comme un des pionniers du « nouveau métier » de bambou.

Tansu XIXème, détail
Yoshihume, circa 1845

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